Il semblerait que les blogs se remettent à jours... peut-être l'arrivée de l'été, la fin du printemps, la fin de l'année, une sorte de récapitulatif de ces derniers mois.
Bon, je ne vais pas faire pareil... après tout, il n'y a pas grand chose à en dire. Et concernant l'avenir, le plus déprimant (affligeant, inquiétant, etc...) c'est qu'il en va de même. je me contenterais donc de ça :
<< [Le Protagoniste entre en scène (à cour ou jardin). Il avance jusqu'au fond de la scène (au centre), en chantonnant ou fredonnant L'Itinéraire de Bénabar. Une fois au fond, il s'assoie par terre, un peu avachi, adossé contre le mur et fini de chantonner tout en sortant un paquet de cigarette de sa poche et en sort une].
Si on y regarde bien, une cigarette, c'est un peu comme une grande amitié. Quand on la sort de son paquet, on a qu'une envie, c'est l'allumer, on est tout excité. Cependant si on l'allume, elle finira par s'éteindre, par se consumer entièrement, et ce quoi qu'on y fasse. A partir de là, on a deux choix, soit on la laisse brûler, petit à petit, posé dans un coin, sans y prêter spécialement attention, soit on la fume. Mais, si on la fume, elle se consumera plus vite.
NOUS, on avait choisi de la fumer.
[Il allume sa cigarette et tire une ou deux lattes. Il continuera à tirer quelques taffes tout au long du discours, jusqu'à la fin de la cigarette.]
Bien sûr, on avait pas vraiment conscience qu'en la fumant, elle serait plus vite terminé, après tout, on se disait qu'au moins on en profitera pleinement, et que au pire des cas, ben on irait en racheter. Alors on en a profité. Au début, on y va doucement, comme pour l'économiser, puis à force, ça augmente. On commence par tirer une première latte, histoire de la goûter, puis une seconde, et puis on s'arrête plus, on tire, on tire, on tire.
[Il tire plusieurs taffes d'affiler.]
NOUS, on a fait pareil, on ne savait pas trop où on allait comme ça, mais on s'en foutait, on la vivait pleinement NOTRE amitié.
[Il chante]
« Si on reconnaît quelqu'un à ses copains, j'espère que les miens sont très très bien. J'espère surtout, qu'ils savent où on va, parce que moi vraiment les gars j'sais pas »
On a continuer comme ça. A des moments, c'était comme avec une roulée, fallait un peu la rallumer pour pas qu'elle s'éteigne entièrement, mais on le faisait, et alors on tirait dessus de plus belle. Il faut bien dire qu'il restait encore tellement à fumer sur NOTRE amitié, on n'en voyait pas la fin, et on était si bien.
[Il continue à fumer jusqu'à la fin de la cigarette].
Puis NOTRE cigarette fût terminée. Mais NOUS, on s'en foutait, on allait faire exactement ce qu'on avait prévu, on allait en rallumer une autre.
[Il ressort son paquet et porte une autre cigarette à sa bouche, puis d'un geste brusque, il la jette au loin.]
Rien qu'au goût du tabac froid sur mes lèvres, avant même de l'allumer, j'ai sentit qu'elle était différente. Toutes ces choses auxquelles NOUS, je, ne voulais pas croire étaient bien réelles. Je ne peux pas rallumer une autre cigarette pour remplacer celle qui vient de s'éteindre. Quand je l'ai allumé, mon palet était vierge de ce goût, maintenant, il le connaît, il garde son souvenir, et aucune autre cigarette ne saura l'égaler. Je vais devoir vivre avec ton souvenir.
Plus rien ne sera jamais pareil. Tu t'es éteint, et je veux qu'à nouveau tu brûles entre mes lèvres, je veux que tout recommence, mais ce n'est pas possible, tu étais unique.
[Il se lève, et se place à l'avant, dos au public.]
Plus rien n'a été pareil. Tu t'étais éteint et j'ai voulu qu'à nouveau tu brûles entre mes lèvres, j'ai voulu que tout recommence, mais ce n'était pas possible, tu es unique.
[Il se tourne face au public, le regarde, puis il sort, de l'autre côté qu'à son arrivée, en silence]. >>
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